Dératisation

« Surmulot » ? Petit rappel de l’Académie de médecine aux amis des bêtes…

Rat surmulot Rattus norvegicus dans une cage.
©Víctor

Connus pour leur féroce instinct de survie, les rats bruns préfèrent construire leurs terriers dans les égouts urbains et près des habitations des humains. Ils mangent un cinquième des denrées alimentaires plantées chaque année, mais en contaminent bien davantage. Faut-il les exterminer pour autant ? Des citoyens et des élus s’interrogent. Peu de temps après la polémique créée par une élue qui préfère appeler les rats des « surmulots » pour ne pas stigmatiser le nuisible, l’Académie nationale de médecine rappelle dans un communiqué que les rats sont « la plus nuisible des espèces commensales de l’Homme ».

Surmulot, un problème de santé publique toujours croissant

Ils se faufilent dans l’ombre et se cachent sous les rues. Soyez-en sûr, dans tout endroit où il y a des humains, il y a des rats.

Dans les grandes villes comme Londres, New York et Paris, certains experts affirment qu’il y a autant de rats que d’humains. D’autres estimations, plus prudentes, rapprochent ce ratio à un surmulot pour quatre humains.

Le problème que posent les rats n’est pas unique à la France. Leur présence s’étend au-delà des frontières du territoire national.

Les professionnels de la dératisation estiment qu’il y en aurait environ 5 millions dans la capitale, ce qui représente un ratio de 1,5 à 2 rats par habitant. En conclusion, selon les statistiques, il y aurait deux fois plus de rats à Paris que d’habitants ! Mais qu’importe…

Surmulot ou rat, il est nocif, rappelle l’Académie de médecine

Qu’importe en effet leur nombre ? Est-il besoin de rappeler que contrôler les populations de rats est nécessaire ? Il semblerait que oui. Car l’on voit naitre dans l’ère du temps des arguments de plus en plus nombreux en faveur de l’animal.

Les autorités publiques soutiennent pourtant inconditionnellement leurs propos relatifs aux dangers du rat pour la santé publique. Selon les experts, les rats sont à l’origine de la transmission de nombreuses maladies et la propagation des virus et bactéries.

Dans son communiqué, l’Académie nationale de médecine indique ainsi que la puce du rat, Xenopsylla cheopis, peut transmettre :

  • la peste bubonique via Yersinia pestis, une bactérie dangereuse pour les humains,
  • le typhus murin dû à Rickettsia typhi,
  • et la bartonellose via B. elizabethae.

En outre, l’autorité de santé souligne que l’urine du rat contamine l’environnement par des leptospires, principal réservoir de la leptospirose, une maladie bactérienne qui dans certains cas peut entrainer une insuffisance rénale. Dans les cas les plus graves, elle entraine la mort de l’individu…

Il est ainsi fortement recommandé de se faire vacciner contre cette maladie lorsqu’on est exposé aux urines des rongeurs dans le cadre de sa profession, mesdames et messieurs les opérateurs de lutte antiparasitaire !

Les rats peuvent également contaminer la chaine alimentaire par la salmonelle, indique le communiqué. Il faut noter que les rats, en France, n’ont pas seulement envahi les rues. Ils sont aussi dans les supermarchés, les restaurants et les entrepôts de stockage alimentaire.

La morsure d’un rat peut transmettre Streptobacillus moniliformis. Cette bactérie présente dans sa salive peut provoquer une septicémie rapidement mortelle en l’absence d’une antibiothérapie précoce.

Le rat est aussi porteur de nombreuses autres bactéries pathogènes pour l’humain. Parmi elles, on trouve Staphylococcus aureus, Streptococcus pneumoniae, Campylobacter spp., Yersinia pseudotuberculosis, toutes responsables d’infections graves si elles ne sont pas détectées à temps et traitées.

Aller plus loin avec : [PODCAST] Rat : entre dégâts et débat

Les organismes de protection des rats prolifèrent !

Aujourd’hui, on note que les défenseurs de la vie animale sont de plus en nombreux. Certains attribuent cet effet à une certaine déconnexion de la vie urbaine avec la vie rurale et donc la faune sauvage. Car oui, le rat est un animal sauvage. Les défenseurs des droits des animaux se mobilisent ainsi que les associations de protection des rongeurs. Ils réclament en chœur la dé-stigmatisation du rat. Ils proclament entre autres que nous, êtres humains, devons apprendre à vivre avec les rats. Nous devons créer un milieu propice à leur développement… sans pour autant mettre en danger la santé publique ! Est-ce seulement possible ?

Pour des associations telles que Zoopolis, le fait que les rats soient considérés comme des vecteurs de maladies et de virus n’est rien d’autre qu’un cliché. Dans un article, ils dénoncent que toute cette peur et cette fureur installées autour du rongeur sont la conséquence des analyses erronées des scientifiques.

Les organismes de défense de l’animal estiment ainsi que ce n’est pas aux rats de s’adapter au monde, mais au monde de s’adapter à la population des rats.  Ils réclament un espace commun, dans lequel les rats et les humains trouveraient un terrain d’entente ! Qu’en pense le législateur ?

Surmulot : les conseils de l’Académie nationale de médecine

En tout état de cause, l’Académie nationale de médecine rappelle que les rats d’égout en surpopulation dans les grandes villes sont « un véritable danger pour la santé publique ». C’est pourquoi elle enjoint les mairies à promouvoir « un plan de propreté urbaine, rigoureux et pérenne ». Il s’agit surtout d’empêcher les rongeurs d’accéder aux déchets alimentaires en nettoyant la voirie, les parcs et jardins, et en collectant les ordures ménagères.

L’Académie recommande également aux mairies d’entreprendre des campagnes de dératisation « en liaison avec les syndics et les bailleurs » dès lors que des rats sont visibles en journée, signe d’une surpopulation de rongeurs. Des captures régulières de rats d’égouts doivent également permettre de surveiller le portage d’agents pathogènes et de détecter d’éventuelles émergences.

Les auteurs recommandent également d’améliorer « la diffusion des connaissances en médecine humaine et en médecine vétérinaire sur les zoonoses véhiculées par ces rongeurs ». On ne saurait que trop se réjouir de ce dernier conseil !

 

Source : Entre le bien-être du rat d’égout et la santé publique, faut-il choisir ? (Communiqué de presse de l’Académie nationale de médecine)

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