La chenille processionnaire

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Temps de lecture estimé : 7 minutes

La chenille processionnaire est considérée comme un ravageur dès sa naissance car elle se nourrit d’aiguilles de pin ou des feuilles de chêne. Elle cause une défoliation de son hôte, c’est-à-dire une destruction massive de l’arbre. Ce nuisible s’attaque donc aux plantes mais représente également un danger pour les hommes et les animaux. Son corps est recouvert de poils urticants qu’elle libère dans l’air en cas de stress. Ces poils provoquent des réactions allergiques parfois graves.

Généralités 

Qu’est-ce qu’une chenille processionnaire ? 

La chenille processionnaire est la larve d’un papillon de nuit, de la famille des lépidoptères. Elles sont appelées processionnaires car elles se déplacent en file indienne. La processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) prolifère sur diverses espèces de pins tandis que la processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea) se nourrit de chênes mais aussi de noyers et de charmes.

La larve mesure seulement quelques millimètres à son éclosion et grandit jusqu’à 40 mm de long. Sur le dessus, la chenille est brune avec des taches rougeâtres, tandis que sa face ventrale est jaune. Son corps est fortement velu. Au stade adulte, la chenille processionnaire est un papillon d’une envergure de 35 à 40 mm.

La chenille processionnaire est considérée comme un déprédateur, c’est-à-dire qu’elle fait des dégâts sur les plantes, dans le but de se nourrir. Elle représente aussi un danger pour l’homme et les animaux (les chiens notamment). 

Cycle de vie de la chenille processionnaire

Les œufs sont pondus par la femelle papillon au cours de l’été, dans un pin ou un chêne. Par paquet de 70 à 220, les œufs sont déposés en rangées parallèles longues de 2 à 5 cm sur les rameaux ou aiguilles de pin. La femelle meurt quelques heures après la ponte.

Environ 30 à 45 jours après la ponte, les œufs éclosent. Au cours de leur développement larvaire, les chenilles passent par 5 stades au cours desquels elles changent de taille (diamètre et longueur), la quantité de poils augmente et le volume de leur capsule céphalique (cerveau) augmente également. Les larves issues d’une même ponte restent ensemble jusqu’à ce qu’elles deviennent des papillons. 

Dès leur éclosion, les chenilles commencent à construire leur nid en tissant un entrelacement de soie très fin. Puis, quand le froid commence à arriver, les chenilles construisent le nid d’hiver, qui comprend deux enveloppes superposées pour leur tenir chaud. L’enveloppe interne a une épaisseur importante et l’enveloppe externe est plus lâche, elle a un rôle de superstructure.

nid de chenilles processionnaires

Un nid de chenilles processionnaires | © makamuki0

Pour se nourrir, les chenilles se déplacent la nuit, en procession (formant une file les unes derrière les autres). Lors de leur déplacement, les chenilles sécrètent des fils de soie, ce qui leur permet de retrouver leur chemin jusqu’au nid très facilement. 

Entre février et mai, les chenilles processionnaires du pin se déplacent vers un souterrain où elles vont rester sous forme de cocon et leur développement s’arrête jusqu’à devenir un papillon nocturne. 

A la différence de la chenille processionnaire du pin, la processionnaire du chêne ne descend pas dans la terre.

Infestation et nuisances 

Comment les repérer dans nos jardins ?

Les chenilles processionnaires se repèrent par leur nid qui forme une sorte de cocon de soie blanche dans le sommet de l’arbre qui abritera les chenilles notamment en période hivernale.

Que ce soit pour la processionnaire du pin ou du chêne, on observe deux types de nids. Pour la processionnaire du pin, un premier nid se construit dans le pin à leur éclosion, puis elles construisent le nid d’hiver, plus chaud, en haut de l’arbre et au soleil. Pour la processionnaire du chêne, un premier nid se situe sur les branches périphériques, puis collés au tronc de l’arbre, moins visibles.

Si vous avez une résidence ou un établissement en bordure de forêt ou en présence de pins ou de chênes, il est important qu’un professionnel surveille les lieux afin de repérer ces nids suffisamment tôt afin d’éviter leur prolifération.

Quels sont les risques si on est en contact avec des poils urticants ?

Le contact avec les soies de la chenille processionnaire peut avoir de graves conséquences. En effet, quand la chenille se sent en danger, elle libère des milliers de minuscules poils urticants, qui resteront en suspension dans l’air ou qui seront portés par le vent.

une chenille processionnaire sur une feuille

Ces poils contiennent une toxine urticante (la thaumétopoéïne) qui provoque parfois de fortes réactions allergiques. Toute réaction allergique doit être prise au sérieux. Les signes et la gravité varient en fonction de la sensibilité de l’individu et selon l’exposition : démangeaison, conjonctivite, irritation des voies respiratoires, voire crise d’asthme et choc anaphylactique.

Les animaux ne sont pas épargnés, notamment chez les chiens car ils apportent des poils directement dans leurs organismes en se léchant. Ils sont parfois victimes d’une nécrose de la langue. Le pronostic vital de l’animal peut être engagé.

Des mesures de prévention permettent d’éviter ces désagréments en cas de présence de chenilles processionnaires sur votre propriété :

  • Eviter de sécher votre linge dehors de mai à septembre
  • Laver les fruits et/ou légumes ramassés dans votre jardin
  • Éviter de rentrer en contact avec un arbre atteint et se couvrir au maximum si on est à proximité de cet arbre
  • Faire attention lorsqu’on passe la tondeuse dans son jardin
  • En cas de doute, on prend directement une douche en évitant de se frotter les yeux

Mais le mieux reste de retirer le nid de l’arbre touché au début du printemps car c’est le plus souvent à cette période que les chenilles commencent à se disperser.

Traitements contre la chenille processionnaire

Comment traiter une zone infectée de chenilles processionnaires ? 

Il existe plusieurs manières de lutter contre ces nuisibles. On peut choisir un traitement naturel ou insecticide mais avant tout l’aide d’un professionnel vous sera sûrement nécessaire pour identifier l’espèce et choisir le traitement adéquat. Sa présence est également utile pour des raisons techniques car atteindre la cime des arbres peut s’avérer périlleux. De plus, le professionnel vous évitera d’effectuer une mauvaise manipulation et d’entrer en contact avec les poils urticants de la chenille, et saura assurer une élimination totale des chenilles processionnaires.

Traitements chimiques 

Les traitements par insecticides sont assez peu plébiscités et peu répandus sur le marché. Néanmoins il en existe deux :

  • Le diflubenzuron agit pendant 3 à 4 semaines sur les arbres traités. Néanmoins, l’opération doit être renouvelée en cas de fortes pluies. Il agit sur la chitine qui se trouve dans la cuticule des chenilles qui l’ingèrent. 
  • La bifenthrine est un neurotoxique. Cet insecticide de la famille des pyréthrinoïdes agit par contact et ingestion. Son action est donc beaucoup plus importante et cela même à petite dose. Sa persistance est de 2 à 3 semaines. 

Ces traitements chimiques sont souvent appliqués directement sur les nids de chenilles pour une action efficace.

Pour autant, les traitements les plus répandus sont les traitements naturels car plus écologiques.

Traitements naturels

Ainsi, pour lutter contre les chenilles processionnaires de façon naturelle, on peut utiliser :

  • Le bacille de Thuringe (ou BTk), qui est un produit de biocontrôle que l’on pulvérise sur l’arbre. C’est une toxine bactérienne qui est spécifique à certaines espèces de lépidoptères. Elle n’a donc pas d’impact sur la biodiversité. Les chenilles ingèrent le produit lorsqu’elles se nourrissent des feuilles ou des aiguilles imprégnées.
  • Le piège à phéromones qui permet de capturer les papillons mâles et donc de réduire la fécondation des femelles. C’est un traitement écologique sur le long terme qui doit être positionné à la période de reproduction c’est-à-dire pendant l’été.
  • L’échenillage qui consiste à enlever manuellement les nids des arbres infectés, une opération menée souvent par des professionnels.
  • Des pièges sous forme de colliers apposés au tronc des pins (ce sac de capture concerne uniquement la processionnaire du pin, puisque la processionnaire du chêne ne descend pas dans la terre). Ils peuvent être utilisés par les particuliers et dans les zones sensibles urbaines et périurbaines. Il faut bien sûr veiller à les poser avant le début des processions. Les chenilles, lors de la procession, confondent la terre contenue dans le piège avec la terre qu’elles cherchent pour leur métamorphose.
  • La pose de nichoirs à mésange ou l’introduction de chauve-souris est une solution totalement naturelle également. Les mésanges sont en effet très friandes de chenilles processionnaires, surtout en hiver où les denrées se font rares. C’est donc un pari gagnant car en nourrissant les mésanges, vous faites disparaître les chenilles processionnaires de votre arbre.

Les chenilles processionnaires peuvent devenir un vrai fléau si on ne résout pas le problème assez vite. Le mieux est de contacter un professionnel afin qu’il fasse un état des lieux et applique le traitement qui convient à votre situation.


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