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Journée du moustique – la lutte contre le paludisme

©Егор Камелев|Pixabay

Le 20 août 1897, Sir Ronald Ross découvre que les femelles anophèles transmettent le paludisme aux humains. Le 20 août est donc désormais la Journée mondiale du moustique. Elle vise à sensibiliser le public aux maladies transmises par les moustiques et à la lutte permanente pour les éradiquer. Plus de la moitié de la population mondiale vit dans des zones où les espèces de moustiques peuvent propager des maladies…

Des maladies vectorielles qui n’ont pas de traitement

Ces dernières décennies, certaines maladies transmises par les moustiques ont connu une résurgence. Il s’agit du Zika, de la dengue, de la fièvre du Nil occidental, du chikungunya… Même le paludisme s’adapte et résiste aux tentatives d’élimination. La malaria a pourtant fait l’objet d’efforts mondiaux à long terme en vue de son éradication.

Cependant, beaucoup de ces maladies n’ont pas de traitement spécifique. Et les quelques médicaments disponibles pour certaines d’entre elles se heurtent à des résistances.

Par ailleurs, les insecticides utilisés pour la lutte antivectorielle se confrontent également à des mutations de plus en plus résistantes des moustiques. Ces derniers s’adaptent pour survivre.

Ainsi, des innovations sont nécessaires et urgentes. Il faut en effet lutter contre les maladies vectorielles. Et il faut empêcher la propagation de nouvelles pathologies.

Lutter contre la résistance aux insecticides

Il faut dire que les populations de moustiques Anophèles et Aedes de nombreuses régions du monde ont développé une résistance à certains insecticides et larvicides utilisés pour la lutte antivectorielle. L’IVCC (Innovative Vector Control Consortium) souligne que cela fait 30 ans que les pyréthrinoïdes ont été introduits. Il s’agissait alors d’un nouvel insecticide antipaludique radical. Aujourd’hui, la résistance à ces insecticides synthétiques chez les principaux vecteurs du paludisme constitue la plus grande menace dans la lutte contre la maladie.

Tout d’abord, la résistance aux insecticides peut se manifester à une faible fréquence pendant de nombreuses années. Puis un “point de basculement” est atteint. A ce moment-là, la résistance augmente extrêmement rapidement.

En 2017, l’OMS a approuvé deux insecticides de nouvelle génération. Dans les zones où le paludisme est présent, les programmes de pulvérisation à effet rémanent à l’intérieur des habitations (IRS) les utilisent.

Des odeurs pour attirer et repousser les moustiques

Les moustiques trouvent les hôtes humains en détectant le dioxyde de carbone que nous expirons. Lorsqu’ils s’approchent suffisamment, ils repèrent les meilleurs sites pour se nourrir. Pour cela, ils détectent les substances chimiques volatiles dégagées par la peau humaine qui se déplacent vers les zones exposées telles que les chevilles et les pieds.

Lire également : Des moustiques qui ne peuvent plus nous sentir

A ce propos, des chercheurs de l’université de Californie Riverside ont fait une découverte. Les récepteurs utilisés par les moustiques pour détecter le dioxyde de carbone sont les mêmes que ceux qui détectent les odeurs de la peau. Cela explique pourquoi les chaussettes, les vêtements usés et la literie attirent les moustiques, même en l’absence de CO2.

Les scientifiques ont utilisé des techniques modernes de criblage chimique pour tester un demi-million de composés dans une base de données chimiques. Le but était de trouver ceux qui pourraient déclencher les organes de détection des moustiques.

Finalement, ils se sont concentrés sur deux composés déjà utilisés couramment, qui ne nécessitent donc pas de tests de sécurité longs et coûteux, pour les étudier plus avant :

  • Le pyruvate d’éthyle – qui est un arôme alimentaire au goût fruité : on a constaté qu’il réduisait l’attraction des Aedes aegypti
  • La cyclopentanone – un arôme et un parfum à l’odeur de menthe : il s’agissait d’un puissant agent d’attraction pour les moustiques Culex quinquefasciatus.

En inhibant le neurone cpA, le pyruvate d’éthyle a considérablement réduit l’attraction du moustique vers l’humain. En activant ce neurone, la cyclopentanone a servi d’appât puissant (comme le CO2) pour attirer les moustiques dans un piège.

Ces stratégies de “masque” et “d’attraction” pourraient être utilisées de manière complémentaire, partout où les maladies transmises par les moustiques sont endémiques.

Maladies transmises par les moustiques : nouveaux antipaludéens et lutte future

Medicines for Malaria Venture (MMV) est un réseau de partenaires créé en 1999. Ils développent des produits et médicaments contre le paludisme. Ce sont plus plus de 400 partenaires répartis dans 55 pays.

Depuis sa création, le réseau a mis sur le marché sept nouveaux médicaments pour prévenir et traiter la maladie. La FDA américaine (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) a approuvé la tafenoquine. Ce médicament cible le stade dormant du foie du Plasmodium vivax (parasite responsable d’une forme de paludisme). Il s’agit du premier nouveau médicament depuis 60 ans pour ce type de traitement.

Beaucoup d’efforts et de dévouement sont à l’œuvre pour la future lutte contre les maladies transmises par les moustiques. D’ailleurs, les perspectives sont aujourd’hui plus prometteuses. En effet, les développements scientifiques dans de nombreuses disciplines fournissent de nouvelles façons de traiter les maladies et de contrôler les moustiques.

Biochimie, génomique, entomologie, informatique, télédétection, avionique, intelligence artificielle, robotique, ingénierie aérospatiale… Des scientifiques combinent leurs ressources pour développer de nouveaux moyens de lutte contre les maladies vectorielles transmises par les moustiques.

Ainsi, il est à espérer que leurs recherches contribueront à donner une nouvelle impulsion à la lutte antivectorielle. Les maladies transmises par les moustiques représentent en effet une menace mondiale.

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