Dératisation

Dispositif anti-rongeur : où faut-il l’installer ?

Station d'appât pour rongeurs utilisée à l'extérieur dans une unité de stockage
©David Gales

Normes, procédure standard, ou tout simplement habitude ? Comment déterminer le meilleur emplacement pour les dispositifs professionnels anti-rongeurs dans les commerces alimentaires ?

Les dispositifs de lutte contre les rongeurs dans les entrepôts alimentaires sont généralement espacés selon les normes d’un organisme d’audit, les procédures de fonctionnement standard d’une entreprise ou tout simplement parce que « c’est comme ça qu’on l’a toujours fait ». À l’intérieur des locaux, les stations d’appâts sont généralement espacées de 6 à 12 m et à l’extérieur, de 15 à 30 m. Mais vous êtes-vous déjà demandé pourquoi ? Et surtout est-ce vraiment la meilleure façon de procéder pour délimiter vos pièges ou vos points d’appât ?

Le meilleur emplacement pour un dispositif anti-rongeur : une étude américaine apporte des précisions

Cette méthode conventionnelle d’espacement, décrite ci-dessus, a été établie dans les années 40 et 50 sur la base de la zone les rongeurs recherchent de la nourriture. Pourtant, cette étude ne repose sur aucune preuve scientifique et ne tient compte d’aucun autre aspect du comportement des rongeurs ou des circonstances favorables. Une étude récente s’est donc penchée sur l’emplacement standard des pièges. Elle a pour but de déterminer s’il existe des caractéristiques spécifiques des sites ou des comportements des rongeurs susceptibles d’influencer ou d’améliorer les captures par les pièges ou la consommation d’appât.

Les chercheurs ont évalué 7 centres de distribution de produits alimentaires à New York (États-Unis), et 5 en Ontario (Canada). Ils ont utilisé des pièges à captures multiples à l‘intérieur du bâtiment. A l’extérieur des locaux alimentaires, ils ont positionné des postes de capture souris et des boîtes d’appâtage pour souris avec un rodonticide.

Les chercheurs ont opté pour un emplacement habituel des pièges à l’intérieur. Puis ils ont noté les caractéristiques du site, comme des données sur la construction des bâtiments et les conditions naturelles ou écologiques qui attirent les rongeurs. Par exemple, la porte du quai n’avait pas de joint de compression. Le dispositif était près d’une allée de produits, d’une source de chaleur, dans un faux plafond, etc. Au total, 76 critères ont servi à évaluer les pièges à l’intérieur et 27 critères à l’extérieur.

L’installation d’un dispositif professionnel anti-rongeur… quelles règles suivre ?

Les chercheurs ont découvert qu’environ la moitié (45 %) des dispositifs à l’intérieur capturaient des souris. 56 % des points d’appât à l’extérieur présentaient des signes d’alimentation de rongeurs. Il n’est pas surprenant que certains éléments ou conditions structurelles aient entraîné un plus grand nombre de captures ou une alimentation plus abondante dans les postes d’appâtage. Les endroits où l’activité est la plus forte sont :

  • les zones où la température est plus forte,
  • le long des allées,
  • près des murs en béton,
  • sur les bords ou les coins des murs,
  • près de végétation dense,
  • et dans les zones d’ombrage, plus sombres.

En fait, les zones plus éclairées et plus chaudes, avec des zones de couverture et de protection représentent un élément central pour l’installation de dispositifs. Les professionnels de la lutte antiparasitaire doivent y prêter une attention toute particulière lors de l’inspection.

Contre les rats et les souris : le diagnostic avant tout

À l’avenir, ces recherches plaident en faveur d’une approche plus orientée sur le diagnostic. Dans une telle approche, une première inspection permet d’abord de déterminer les zones où l’activité des rats et de souris est la plus intense. Ensuite, le positionnement des pièges repose sur cette appréciation dans chaque installation, plutôt que sur des distances « arbitraires ».

En outre, cela pourrait permettre de réduire les déchets de rodonticides, qui sont rappelons-le des déchets dangereux. Près de 40 % des blocs d’appât ayant été examinés n’ont pas été consommés. Ils auraient été jetés.

Avec une approche davantage tournée vers l’évaluation, certaines des stations qui ne sont pas visitées peuvent être repositionnées dans des zones à fortes affluences de rongeurs. Cela peut permettre d’éliminer certains appâts inutiles.

Les anticoagulants : une solution de lutte contre les rongeurs

Contre une invasion de rongeurs, il est aussi possible d’utiliser un raticide professionnel qui agit comme un anticoagulant. Il s’agit concrètement de rodonticides élaborés à base d’anticoagulants. Ces produits se présentent généralement sous la forme de granulés, de pâte ou de céréales. Ils se démarquent par leur efficacité, leur durabilité et leur rapidité d’action. Les fabricants ont notamment travaillé sur l’efficacité afin de limiter la quantité à utiliser. Ainsi, il existe des formulations plus optimisées, « Single Feed ». Avec les produits qui intègrent cette configuration, une quantité infime suffit pour venir à bout d’un rongeur.

Certains produits de dératisation utilisés par les experts de la lutte anti- rongeurs intègrent plusieurs substances actives. Ils se démarquent par leur polyvalence car ils permettent de lutter aussi bien contre les rats que les souris.

L’utilisation des boîtes d’appâtage et des pièges

Les appâts formulés avec des produits anticoagulants ou à base de cholécalciférol doivent être placés dans des boîtes ou postes d’appâtage sécurisés. Cette règle est applicable aussi bien pour les usages en intérieur qu’à l’extérieur. Cela a pour but de rendre inaccessible le produit professionnel anti-rongeur aux enfants et aux animaux non ciblés.

Certaines sociétés proposent des boîtes de captures pour maitriser la population des rongeurs. Ces dispositifs libèrent un arc électrique dès que la présence du rongeur est détectée. Il est possible d’amorcer le piège depuis l’extérieur du poste. La manipulation de l’ensemble du dispositif est donc sécurisée, rapide et plus simple.

Il existe un grand nombre de dispositifs que nous détaillerons dans un prochain article.

Que faut-il retenir ?

  • Les pièges disposés à proximité d’éléments naturels et structurels attrayants génèrent plus de captures.
  • Les postes d’appâtage extérieurs situés près d’éléments attractifs affichent une consommation d’appâts plus élevée.
  • L’analyse préalable de la position des pièges à rongeurs et des points d’appât peut améliorer la gestion des nuisibles.

En clair, la gestion des rongeurs dans les sites de distribution alimentaire peut être améliorée avec une anticipation des intervalles pour les placements des pièges et des postes d’appâtage. Cette approche peut également conduire à une meilleure gestion du stock de matériels dispositifs.

Source : NPMA Pestology | Science Direct

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