Désinsectisation

Virus du Nil occidental : l’ARS Paca dénombre 3 cas en France

Échantillon de sang pour le test du virus du Nil occidental
©jarun011

Trois cas d’infections par le virus du Nil occidental ont été identifiés en région Paca. Les trois personnes sont à ce jour en voie de guérison.

Par Hélène Frontier

L’infection par le virus du Nil occidental est une zoonose et elle peut provoquer des atteintes neurologiques chez l’homme. Elle est connue en France depuis les années 1960. Récemment, sa diffusion à l’échelle de la planète s’est modifiée. En France, le virus West Nile est régulièrement mis en évidence sur le bassin méditerranéen.

Le virus du Nil occidental circule en région Paca

Trois cas d’infections par le virus du Nil occidental ont été identifiés en région Paca : une personne dans les Bouches-du-Rhône (à Eguilles), et deux personnes dans le Var (à la Garde et au Pradet). Elles sont à ce jour en voie de guérison, indique le communiqué de presse de l’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca).

Ce virus est transmis par le moustique Culex. C’est le moustique commun en France métropolitaine. Il est actif essentiellement le soir et la nuit. Le moustique tigre (Aedes albopictus) pique quant à lui habituellement le jour, avec un pic d’activité en début et fin de journée.

L’infection par le virus du Nil occidental est responsable de 905 cas humains en Europe en 2022, indique Guillaume Lacour. L’entomologiste spécialiste des diptères, réagit à la nouvelle dans son post sur LinkedIn et décompte ainsi :

  • 550 cas en Italie, avec 31 décès,
  • 264 cas en Grèce et 26 décès,
  • et 47 cas en Roumanie, dont 5 décès.

« D’autres pays voisins de la France sont aussi concernés, comme l’Allemagne (8 cas) et l’Espagne (4 cas) », ajoute-t-il.

Le virus West Nile, qu’est-ce que c’est ?

Le virus du Nil occidental (VNO) s’appelle West Nile virus (WNV) en anglais. Cet arbovirus touche les oiseaux et contaminent des moustiques (essentiellement du genre Culex). Le moustique infecté au contact de l’oiseau pourra transmettre le virus accidentellement à l’homme ou le cheval, à l’occasion d’une autre piqûre.

On considère que l’humain et le cheval sont des « hôtes accidentels » du virus. Ce n’est pas le cas pour d’autres arbovirus comme la dengue, le chikungunya ou le Zika, dont le vecteur est le moustique tigre (Aedes albopictus).

L’homme et le cheval sont ce qu’on appelle des « culs-de-sac épidémiologiques ». Il n’y a pas de transmission interhumaine du virus, ni de transmission d’homme à homme par le biais du moustique.

Mais l’infection peut être transmise par l’intermédiaire de certains produits de santé d’origine humaine. Il s’agit en l’occurrence de transfusion sanguine et de transplantation d’organes, de tissus ou de cellules. Il existe également des cas de transmission de la mère à l’enfant durant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement.

En résumé, l’infection par le virus du Nil occidental (VNO) est une zoonose transmise par les moustiques qui est « endémo-épidémique » en Europe. La maladie affecte les pays du sud, de l’est et de l’ouest de l’Europe. Le virus se transmet entre les oiseaux par la piqûre de moustiques infectés. Et il infecte accessoirement les humains et d’autres mammifères.

Le virus West Nile : le plus souvent asymptomatique mais potentiellement grave

« Dans la plupart des cas, l’infection humaine à virus West-Nile est asymptomatique » rappelle le communiqué de l’ARS Paca. En effet, environ 80% des infections au VNO chez les humains sont asymptomatiques.

La fièvre du Nil occidental est la présentation clinique la plus courante. Si elle se manifeste, la maladie présente généralement un syndrome pseudo grippal (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires). Elle s’accompagne parfois d’une éruption cutanée.

Elle peut cependant provoquer des complications neurologiques chez 1 personne sur 100. Les personnes âgées et immunodéprimées sont plus à risque de développer la maladie neuro-invasive, encéphalite ou méningite du Nil occidental, ou encore paralysie de type poliomyélitique.

Aucune prophylaxie ou traitement spécifique n’existe contre la maladie chez l’homme.

Quelles sont les actions menées contre le virus du Nil occidental ?

Le virus West-Nile est suivi par un triple dispositif de surveillance chez les humains, les chevaux et les oiseaux. Autour des zones concernées (dans Bouches-du-Rhône et dans le Var), on mène des investigations complémentaires afin de documenter la circulation du virus.

L’Entente interdépartementale de démoustication (EID) réalise également des interventions de lutte antivectorielle. Des traitements de démoustication ciblés permettent de réduire la prolifération des moustiques Culex dans les zones à risques.

« Parallèlement, l’Agence régionale de santé a sensibilisé les établissements de santé pour tester tout cas suspect », indique le communiqué de presse qui ajoute que « des mesures de sécurisation des dons de sang et d’organes dans les Bouches-du-Rhône et le Var ont temporairement été mises en œuvre par l’Établissement français du sang (EFS) et l’Agence de biomédecine (ABM) ».

Yannick Simon, spécialiste des virus émergents, a réagi à la nouvelle. Il était plutôt surpris de l’absence de cas humain en France étant donné la circulation active de WNV en Europe et des cas équins identifiés. « En tout cas beaucoup d’activités sur le front des arboviroses cette année ! », ajoute-t-il, sûrement en référence aux cas de dengue en France et aux autres problématiques qu’il voit au quotidien.

 

Source : ARS Paca | European Centre for Disease Prevention and Control |Santé Publique France | Organisation mondiale de la santé (OMS)

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