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Comment détecter la résistance aux rodonticides anticoagulants chez le rongeur ?

Rodenticide
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C’est un article du média espagnol Hygiene Ambiental qui pose cette question. En effet, la résistance aux rodonticides anticoagulants qu’on utilise pour contrôler les infestations de rats et de souris est un problème croissant pour les professionnels de la lutte antiparasitaire. Comment détecter la présence de rongeurs résistants aux traitements rodonticides ? Le groupe de travail Rodonticide Resistance Action Committee (RRAC), promu par l’industrie qui les produit, nous l’explique.

Par Hélène Frontier

Rodonticides et résistance

Éviter d’utiliser des rodonticides partout où il y a des rongeurs résistants à ces produits, c’est important. Sinon, tous les animaux « sensibles » de la population disparaissent. Et seuls restent les animaux résistants. Ils produisent alors une progéniture elle-même résistante, ce qui aggrave le problème.

Mais comment détecter la résistance dans les populations de rats et de souris pour éviter le mauvais usage des rodonticides ?

Le Rodonticide Resistance Action Committee (RRAC) répond à cette question à travers une liste de contrôle en 6 points. Si tous les points sont réunis, on pourrait bien être en présence d’une résistance.

Le RRAC est un groupe de travail auquel participent les multinationales CropLife, Activa, Envu, BASF, LiphaTech S.A., PelGar, Rentokil, Syngenta ou Zapi. Il vise à promouvoir l’utilisation sûre des rodonticides anticoagulants et à éviter la propagation de la résistance.

1. Le rodonticide utilisé est-il adapté ?

Tous les rodonticides ne sont pas homologués contre toutes les espèces de rongeurs. En effet, les espèces ont des sensibilités différentes. Il est donc nécessaire de faire attention aux recommandations d’utilisation du fabricant. D’autre part, si on utilise des concentrés, il faut mélanger l’appât exactement selon les instructions.

2. Les rats ou les souris consomment-ils l’appât ?

S’il n’y a pas d’ingestion de rodonticide, on recommande de changer la position des points d’appâtage et/ou de changer la formulation (le produit).

Lorsqu’il n’y a pas de prise, c’est souvent le positionnement des appâts qui est à remettre en question. Il est généralement nécessaire de positionner les postes d’appâtage là où il y a des signes de rongeurs. On peut par exemple les placer le long des allées entre les terriers et les points d’alimentation. On peut également les mettre là où on a repéré des déjections et d’autres signes d’activité.

Lorsque les rongeurs disposent d’une nourriture très attractive là où ils nidifient, certains appâts peuvent ne pas être suffisamment appétents. Choisir un appât différent peut alors résoudre ce problème. Et, si possible, les sources de nourriture alternatives doivent devenir inaccessibles.

​3. L’appâtage a-t-il été suffisamment long ?

Tous les rodonticides anticoagulants agissent lentement. En effet, ils mettent quelques jours avant que l’effet létal ne se produise. De plus, même avec de petites infestations, il faut un certain temps pour que tous les animaux consomment l’appât. Par conséquent, un contrôle complet peut prendre quelques semaines.

Lire également : 6 étapes pour lutter contre les rongeurs

4. A-t-on utilisé suffisamment d’appâts et a-t-on remplacé les appâts consommés ?

Il est important de ne pas sous-estimer la taille d’une infestation. La consommation complète de l’appât dans certains postes d’appâtage est une indication claire qu’ion n’a pas positionné assez d’appâts ou que le nombre de points d’appâtage est insuffisant.

Pour assurer une bonne utilisation du produit, il faut suivre les recommandations d’application du fabricant. Il faut également s’assurer d’avoir détecté toutes les cachettes et tous les parcours des rongeurs.

Lire également : Appâtage permanent & rodonticides, une pratique interdite en France

5. A-t-on soigneusement exploré la zone infestée ?

Il est important d’appâter là où l’infestation est évidente. Mais il faut aussi trouver des refuges cachés ou éloignés de l’infestation principale, qui peuvent servir aux rongeurs. Par conséquent, il est essentiel de procéder à une exploration approfondie de la zone. Il faut également s’assurer d’avoir trouvé toutes les cachettes et voies de passage des rongeurs.

Lire également : Dispositif anti-rongeur, où faut-il l’installer ?

6. A-t-on vérifié si des rongeurs migrent ?

On peut avoir le sentiment que le contrôle est insuffisant juste après une utilisation efficace d’un rodonticide et une éradication complète d’une infestation. Cela se produit généralement si des rats ou des souris des zones adjacentes repeuplent la zone traitée immédiatement après le traitement. Par conséquent, si possible, il est préférable de contrôler et de traiter les éventuelles infestations dans les propriétés voisines. On doit également prendre des mesures pour empêcher la migration de nouveaux rongeurs.

Dans le cas où malgré la vérification de ces six points, le traitement effectué n’est pas efficace, le RRAC recommande de contacter le distributeur du produit utilisé pour obtenir des conseils. Il peut en effet s’agir d’un problème de résistance.

Résistance aux rodonticides : carte et application mobile

carte resistance anticoagulants France

Carte des résistances aux anticoagulants connues à ce jour, élaborée sur la base de données collectées (limitées) | ©RRAC

Si ce sujet vous intéresse, nous vous recommandons de consulter la carte des résistances enregistrées mise à disposition par le RRAC.

Vous pouvez aussi consulter l’application RRAC Rodonticide Resistance, qui fournit :

  • des données sur la répartition de la résistance chez les rats (Rattus norvegicus) et les souris (Mus musculus),
  • et des recommandations sur l’utilisation des rodonticides anticoagulants dans la gestion de la résistance.

Sources : Hygiene Ambiental | RRAC

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