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Les néonicotinoïdes et Peponapis pruinosa

Deux abeilles fouisseuses butinant une fleur jaune
© Ilona Loser | licensed under CC BY-SA 4.0

Des chercheurs de l’Université de Guelph (Ontario, Canada) ont fait une découverte concernant une espèce d’abeilles fouisseuses. Par ailleurs, cette recherche montre l’exposition à des niveaux mortels d’insecticides néonicotinoïdes présents dans le sol de ces abeilles.

Des abeilles exposées à la clothianidine

La majorité des espèces d’abeilles au Canada nichent dans le sol. Cette étude s’est concentrée sur des Peponapis pruinosa. En effet, ils se nourrissent presque exclusivement du nectar et du pollen des fleurs de citrouilles, de courges et de calebasses.

Par ailleurs, les chercheurs ont constaté que la probabilité qu’elles soient chroniquement exposées dans le sol atteint 36 % dans les champs de courge. En effet, ces substances comportent des doses mortelles de clothianidine et un insecticide clé de la famille des néonicotinoïdes.

Autrement dit, 36 % de la population subit probablement des doses létales. Ce qui est bien au-dessus du seuil acceptable de 5 %, dans lequel 95 % des abeilles survivraient à l’exposition.

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De nombreuses autres espèces d’abeilles concernées

Les évaluations actuelles des risques d’impacts d’insecticides sur les pollinisateurs s’articulent autour des abeilles mellifères. Celle-ci qui entrent rarement en contact avec le sol.

Par ailleurs, les abeilles sauvages sont moins surveillées, aussi est-il difficile de connaitre les effets exacts de ces pesticides sur les Peponapis pruinosa.

Ces résultats, qui selon les auteurs de l’étude s’appliquent à de nombreuses autres espèces d’abeilles au Canada, sont donc préoccupants.

En effet, la plupart des espèces d’abeilles sauvages nichent et se nourrissent dans les champs de culture, et vivent la majeure partie de leur vie dans le sol.

Appliqués sur les graines plantées dans le sol, ou pulvérisés sur le sol au moment de la plantation, les néonicotinoïdes peuvent persister. Et ceci, pendant des mois après l’application.

Les risques d’exposition aux pesticides dans le sol devraient donc être un facteur déterminant pour les prises de décisions réglementaires importantes.

Interdire ces pesticides au Canada ?

Ainsi, publiée dans Scientific Reports, cette recherche survient alors que Santé Canada (ministère responsable d’aider les Canadiens à maintenir et à améliorer leur état de santé) impose de nouvelles limites à l’utilisation de trois néonicotinoïdes clés.

Et ceci, dont la clothianidine, en attendant de décider s’il doit ou non interdire ces produits phytopharmaceutiques.

Les néonicotinoïdes sont liés à des inquiétudes au sujet de la santé des colonies d’abeilles mellifères. De plus, la recherche montre qu’elles peuvent ingérer des quantités dangereuses par le nectar ou le pollen.

Cependant, de nouvelles approches sont nécessaires pour permettre aux producteurs de résoudre le dilemme auquel ils sont confrontés. Par exemple, protéger les pollinisateurs qui sont essentiels à la production agricole, comme Peponapis pruinosa, ou protéger leurs cultures contre les ravageurs. Une solution doit être trouvée pour remplacer ces pesticides.

Sources : communiqué (Université Guelp) | étude (Scientific Reports)

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