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Champignons et insectes pour remplacer les pesticides?

coccinelles en equilibre sur une plante

Face aux impacts négatifs de l’utilisation des pesticides chimiques en agriculture, le biocontrôle figure comme une alternative partielle et sans effets néfastes sur l’environnement. A cet effet, les chercheurs ont recours à des champignons et des insectes susceptibles de lutter efficacement contre les ravageurs des champs et des potagers.

Vue d’ensemble sur les avancées et les échecs dans le domaine du biocontrôle en France

Encore qualifié de « lutte biologique », le biocontrôle vise à remplacer peu à peu les produits phytopharmaceutiques à base de substances actives issues de la chimie de synthèse. Cette pratique s’inscrit dans l’agroécologie. Bien que bénéficiant d’une évolution moindre en matière de recherches, la lutte biologique présente un essor intéressant. Les essais s’appliquent essentiellement aux cultures développées sur de petits espaces.

Quelques succès rencontrés

Torymus sinensis, est une micro-guêpe provenant de la Chine dont l’action dévastatrice est utilisée pour éradiquer le cynips du châtaignier. Il s’agit d’une solution ayant été d’abord développée sur le territoire chinois, puis adaptée aux exploitations agricoles en France. L’exploitation de cet hyménoptère depuis 2010 a permis de rehausser de productivité des plants de châtaigniers.

Afin de protéger biologiquement les cultures de maïs, les chercheurs misent sur des auxiliaires tels que les trichogrammes. Ces minuscules guêpes parasitoïdes seraient capables de reconnaitre l’odeur des plants attaqués. Ayant repéré l’ennemi, elles pondent leurs œufs à l’intérieur des larves des insectes ravageurs. L’embryon oophage va se nourrir de cette larve pour son propre développement.

Quelques échecs essuyés

Dans le cadre de la lutte contre la mouche de l’olive, les méthodes employées ne sont pas concluantes. Les parasitoïdes impliqués se sont avérés inefficaces hypothétiquement en raison des saisons hivernales trop froides. Les champignons peuvent servir à un retournement de situation car ils détiennent un véritable potentiel sur les plans phytosanitaire et pharmacologique.

Les perspectives envisagées pour la lutte biologique contre les ravageurs des exploitations en France

L’INRA se lance dans plusieurs défis dont notamment l’éradication de Drosophila suzukii (aussi appelé moucheron asiatique, ravageur des cerisiers et fraisiers) et du carpocapse de la pomme. A cet effet, ils procèdent à des expériences à partir de différentes espèces de guêpes : Ganapsis brasiliensis originaire du Brésil et Mastrus ridens originaire du Kazakhstan.

Dans le rang des champignons, les chercheurs sont très optimistes quant à la trouvaille des molécules pouvant exterminer le mildiou présent dans les vignes et les cultures de tomates. Les fusarioses du blé bénéficieront également d’un traitement approprié susceptible d’être élaboré à partir de ces mêmes micro-organismes.

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