Dératisation

6 étapes pour lutter contre les rongeurs

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Il vaut toujours mieux essayer d’éviter une infestation de rongeurs avant qu’elle ne commence. Mais parfois un programme d’appâtage est nécessaire pour lutter contre les rongeurs. Voici un plan en 6 étapes, une feuille de route simple, pour obtenir et maintenir un contrôle efficace.

Auteur : Sandy Mackay, Responsable Pôle technique chez PelGar

1. L’étude du site, première étape du plan de lutte contre les rongeurs

En premier lieu, marquez sur un plan du site :

  • les signes d’activité des rongeurs, y compris les observations réelles et les pistes :  empreintes, terriers, voies de passage, excréments frais, taches de graisse et d’urine, rongements…
  • les principales sources ainsi que les sources potentielles de nourriture et d’eau,
  • les zones de nidificationles souris et les rats peuvent dormir, se cacher, manger et se reproduire,
  • l’importance de l’accès du public au site, notamment la présence d’enfants,
  • la présence d’animaux non-cibles tels que les animaux de compagnie, le bétail et la faune sauvage,
  • les éventuels signes de mauvais entretien ménager et d’hygiène insuffisante,
  • les défauts de construction évidents tels que des tuyaux cassés, des plaques d’égout défectueuses, les défauts de construction, les siphons…
  • les éléments environnementaux que les appâts chimiques que vous utiliserez pour la lutte contre les rongeurs pourraient contaminer, notamment le sol et les cours d’eau.

Cette inspection constitue votre base de travail pour les travaux de proofing (ou exclusion) avec notamment des solutions anti-intrusions. Il vous permettra également de déterminer l’emplacement des postes d’appâtage. Vous pourrez ainsi enregistrer les résultats et faire les adaptations nécessaires le cas échéant.

2. Contrôle des rongeurs, étape 2 : le rangement

Comme tous les animaux, les rongeurs ont besoin de trois éléments pour survivre : de la nourriture, de l’eau et un gîte. Ainsi, en réduisant la disponibilité de l’un de ces facteurs (idéalement les trois), vous réduisez immédiatement l’infestation. De ce fait, vous encouragez également les rongeurs à se nourrir de l’appât rodonticide.

  • Retirez toutes les denrées alimentaires renversées ou périmées. Assurez-vous que les aliments frais soient stockés dans des bacs et des conteneurs hermétiques et inaccessibles pour les souris et les rats.
  • Enlevez toutes les sources d’eau stagnante ainsi que tout accès à l’eau courante. Les rats ont besoin de boire une fois par jour pour survivre, mais pas les souris.
  • Retirez tous les matériaux et habitats qui constituent un abri facile dans et autour des bâtiments, y compris tous les déchets. Ne stockez pas la paille sur le sol et stockez-la loin des murs. Si vous le pouvez, enlevez la végétation autour des bâtiments afin de créer un périmètre ouvert pour les prédateurs naturels.

3. Étanchéité et exclusion pour éviter l’intrusion des rongeurs (étape 3)

Les souris peuvent se faufiler par un trou de la taille de votre petit doigt et les rats par un trou de la taille de votre pouce. Certains points d’entrée seront évidents, en particulier autour des portes et des fenêtres. Mais prêtez une attention particulière aux parties du bâtiment où entrent et sortent les tuyaux, les câbles et les drains, car ce sont des accès faciles pour les rongeurs.

Installez des plaques métalliques, des grilles ou des grillages aux portes et aux fenêtres. Bouchez tous les trous et interstices dans le bois, la brique ou le PVC pour empêcher l’entrée des rongeurs. Si vous faites face à une infestation importante, pensez à laisser un point d’entrée bien utilisé et facilement accessible aux rongeurs pour faciliter l’appâtage.

Lire également : Des rats à l’intérieur ? Ne faites pas entrer l’accusé !

4. Choisir le bon appât rodonticide

Il n’y a pas un rodonticide universel qui permette le contrôle efficace des rongeurs dans toutes les situations. Face à un éventail d’appâts, il faut tenir compte de deux éléments importants.

La substance active

La plupart des rodonticides contiennent des anticoagulants de deuxième génération qui provoquent des hémorragies internes. La toxicité de ces substances actives se mesure à l’aide du calcul de la DL50, ce qui permet de comparer la dose létale comme ci-dessous.

Ces données sont calculées pour un rat de 250g et une souris de 25g, une consommation quotidienne de 25g et 3g respectivement. Les données concernant la DL50 proviennent de diverses sources.

Dans la plupart des situations, le difénacoum est plus de deux fois plus efficace sur les souris que la bromadiolone, qui est plus efficace pour le contrôle des rats. Le brodifacoum est de loin le plus efficace sur les rats et les souris. Mais il est aussi considérablement plus toxique pour les espèces non ciblées comme les oiseaux et les chiens.

La formulation du rodonticide

Les appâts en granulés et en grains sont conçus pour correspondre aux sources de nourriture existantes. Ensuite, les appâts en pâtes à haute teneur en calories sont efficaces par temps froid et pendant la saison de reproduction. Les appâts en blocs sont formulés pour résister aux conditions humides et mouillées. Enfin, les gels ou mousses de contact, ingérés par le biais du toilettage, sont efficaces lorsque les appâts ne sont pas pratiques ou que les rongeurs sont résistants aux matières actives.

La lutte contre les rongeurs suppose une bonne consommation des appâts. Les appâts que vous utilisez doivent donc contenir des ingrédients de haute qualité. Cela permet de détourner les rongeurs de leurs sources de nourriture habituelles et de faire face à la concurrence alimentaire.

Choisissez la combinaison de substances actives et la formulation qui conviennent le mieux au nuisible et à l’environnement auquel vous avez affaire. Il faut dans le même temps tenir compte des enfants et des espèces non-cibles, domestiques et sauvages. N’oubliez pas de toujours vérifier l’étiquette du produit biocide pour connaître les réglementations et le mode d’emploi.

5. Suivez un système d’appâtage rationnel

Positionner les postes d’appâtage

Pour la mise en place de la lutte contre les rongeurs, placez les stations d’appât aux points d’entrée et le long des voies de passage des rongeurs. Ensuite, sécurisez-les et marquez-les sur votre plan de site (celui qui a servi à votre inspection).

Camouflez l’odeur de plastique en frottant les postes d’appâtage avec de la terre, des débris, des feuilles… provenant du site. Essayez de faire en sorte que les rongeurs ne puissent pas simplement les contourner. Pour cela, utilisez des éléments du site pour « diriger le trafic » et bloquer les itinéraires alternatifs. Assurez-vous que les animaux sauvages, les animaux d’élevage, les animaux domestiques et les enfants ne peuvent pas atteindre les appâts.

Les visites de contrôle

Si l’infestation est faible, et que les rongeurs ne sont visibles que la nuit, placez des points d’appât tous les 10 mètres pour les rats ou tous les 5 mètres pour les souris.

Pour une forte infestation, et que les rongeurs sont visibles dans la journée, placez-les tous les 5 mètres pour les rats et tous les 2 mètres pour les souris. Avec un appât à DL50 élevée comme le difenacoum, utilisez 200g par point d’appât pour les rats et 40g pour les souris. Pour le brodifacoum, utilisez 60g pour les rats et 20g pour les souris. Il vaut mieux s’attaquer aux grandes populations en augmentant le nombre de postes d’appâtage, et non la quantité d’appâts qu’ils contiennent.

Visitez régulièrement les postes d’appâtage, au début tous les 2 ou 3 jours, puis au moins une fois par semaine. La fréquence des passages est détaillée sur l’étiquette et la fiche du produit. Vérifiez que les postes sont bien fixés. Réapprovisionnez ceux qui sont visités, enlevez les appâts abîmés et déplacez ceux qui n’ont pas été touchés. Faites régulièrement la chasse aux rongeurs morts et éliminez-les, afin qu’ils ne constituent pas un risque d’empoisonnement secondaire pour les espèces non-cibles. Notez tout cela sur votre plan afin de pouvoir identifier les tendances de l’activité et résoudre les éventuels problèmes.

Au bout de 35 jours, normalement…

Lorsqu’il n’y a plus d’activité, ramassez tous les appâts abîmés ou non consommés. Puis éliminez-les conformément aux instructions figurant sur l’étiquette. Stockez les appâts non utilisés et le matériel associé hors de portée des enfants et des espèces non-cibles.

6. Dernière étape : restez vigilant

Ce n’est pas fini, même une fois que la population de rongeurs a disparu. Il y aura toujours de nouvelles colonies qui attendront de profiter du site. Des traitements de suivi peuvent être nécessaires deux à trois semaines après l’appâtage initial.

La plupart des rats qui émigrent sur un site empruntent des itinéraires reconnus et identifiables, tels que les haies, les canaux d’évacuation et les limites de la propriété. Vous pouvez anticiper leurs mouvements et leur interdire l’accès au site dans le cadre de vos travaux de protection et d’exclusion.

Les programmes de lutte contre les rongeurs échouent souvent parce que :

  • on choisit le mauvais type de produit,
  • on n’utilise pas assez d’appât,
  • l’appâtage est arrêté trop tôt,
  • d’autres rongeurs s’installent.

En suivant ces 6 étapes, vous devriez être en mesure de prendre rapidement le contrôle – et de le garder !

 

Source : PelGar

 

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