Punaises de lit : sources de maladies infectieuses ?

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Un article récemment publié dans Frontiers in Microbiology indique que les punaises de lit (Cimex lectularius qui est présent dans l’UE) peuvent héberger des Rickettsies – un pathogène. La relation symbiotique avec cette bactérie semble avoir un avantage sur le développement des punaises de lit. D’autres résultats sont en attente.
Sommaire
En bref
- Les Rickettsies sont des agents pathogènes que l’on retrouve chez la punaise des lits Cimex lectularius.
- Un groupe de chercheurs a analysé la transmission, le tropisme tissulaire et les impacts biologiques de l’infection à Rickettsia chez C. lectularius.
- Leurs résultats impliquent l’existence d’un avantage inconnu pour C. lectularius porteur de Rickettsia qui nécessite des recherches supplémentaires.
La Rickettsie, qu’est-ce que c’est ?
Rickettsia est un genre de bactéries. Il a été nommé d’après Howard Taylor Ricketts, en l’honneur de ses travaux pionniers sur la fièvre transmise par les tiques.
Les Rickettsies sont des bactéries parasites de petite taille. Le genre Rickettsia est devenu un associé important des arthropodes. Les membres de ce genre étaient classiquement considérés comme des agents responsables des rickettsioses qui menacent le bétail et la santé humaine.
Ces agents pathogènes zoonotiques sont des endosymbiontes des tiques, des acariens, des puces et des poux. Après une morsure, la bactérie se dissémine dans le sang des mammifères où elle provoque des maladies telles que le typhus et la fièvre maculée.
Contexte de l’étude
Les symbioses entre insectes et bactéries sont à la fois courantes et importantes. Les symbiotes bactériens ont un impact sur la biologie de leur individu hôte, et aussi par extension sur leur écologie et leur évolution. Les effets bénéfiques sont variés, allant de la nutrition à la protection contre de multiples formes différentes d’ennemis naturels. Les chercheurs ont aussi observé des interactions parasitaires. L’héritage maternel du symbiote peut alors provoquer une distorsion du sexe-ratio.
Les chercheurs ont identifié un groupe de Rickettsia chez plusieurs invertébrés. En revanche, les modalités de transmission et les effets biologiques sur l’hôte restent rarement établis. La punaise de lit (Cimex lectularius) est un insecte hématophage des humains. Il héberge un groupe de Rickettsia. Cette espèce est de l’ordre des hémiptères, appartenant à la famille des Cimicidae, dont tous les membres sont des ectoparasites d’animaux à sang chaud. Cimex lectularius est un parasite humain et son statut phytosanitaire mondial a des impacts médicaux, sociaux et économiques.
L’étude en question
« Transmission, tropisme et impacts biologiques de Rickettsia chez la punaise des lits Cimex lectularius » est une étude récemment parue dans Frontiers in Microbiology. Dans cette étude, les auteurs caractérisent les modèles d’hérédité et l’impact biologique de Rickettsia chez la punaise de lit (Cimex lectularius). Pour explorer l’association de Rickettsia avec C. lectularius, ils ont entrepris des tests PCR pour étudier la diversité génétique et la prévalence de ces souches de Rickettsia dans les cultures de C. lectularius initialement collectées à divers endroits au Royaume-Uni, en Europe et en Afrique.
Les chercheurs ont isolé deux lignées de laboratoire pour analyser la transmission, le tropisme tissulaire et les effets biologiques de Rickettsia. Ils ont détecté une seule souche dans plusieurs isolats de punaises de lit d’Europe et d’Afrique. Ils disposaient ainsi de lignées isogéniques infectées et non infectées pour l’étude. Les croisements avec ces lignées établissent que la transmission était purement maternelle. L’analyse d’hybridation in situ par fluorescence indique une infection à Rickettsia dans les ovocytes, les bactériomes et d’autres tissus somatiques.
Résultats
Leurs résultats indiquent un symbiote hérité de la mère avec une large distribution somatique / germinale. Aucune preuve ne relie l’infection à Rickettsia à une distorsion du sexe-ratio. En revanche, les individus infectés présentent un développement plus lent jusqu’à l’âge adulte.
L’impact de la rickettsie sur la fécondité et la fertilité a conduit les femelles infectées à produire moins d’œufs fertiles. Cependant, les scientifiques n’ont trouvé aucune preuve d’incompatibilité cytoplasmique associée à la présence de Rickettsia.
Conclusions
Les auteurs de l’étude estiment que ces données suggèrent un avantage encore inconnu pour C. lectularius porteur de Rickettsia. Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires. Les effets sur le développement et la reproduction de l’hôte semblent mineurs, mais un impact non identifié reste possible.
Source : Article de recherche original (en anglais)
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