Désinsectisation

Guêpes et frelons : une saison en trois temps à anticiper

Saison des guêpes et frelons
@Envato

La saison des guêpes et frelons ne progresse pas de façon linéaire jusqu’au cœur de l’été. Elle se déroule en trois temps : une première vague de demandes au printemps, un ralentissement possible pendant les canicules, puis une reprise lorsque la chaleur devient moins extrême. Cette évolution commerciale ne doit pas être confondue avec la saisonnalité sanitaire. Entre 2014 et 2023, l’Anses a recensé 179 141 passages aux urgences pour piqûre d’hyménoptère. Sur la même période, une autre base hospitalière a enregistré 18 213 hospitalisations liées à ces piqûres. Les pics sanitaires ont principalement été observés en juillet et en août. 

À retenir

  • Une première vague importante de demandes apparaît dès avril-mai.
  • Sur certains territoires, les épisodes de canicule peuvent s’accompagner d’un ralentissement des sollicitations.
  • Une reprise intervient lorsque la chaleur reste présente sans atteindre des niveaux extrêmes.
  • Les moyens humains, techniques et commerciaux doivent être ajustés à chaque phase.
  • Les règles relatives aux biocides et les procédures départementales doivent être vérifiées avant toute intervention concernée. 

Pourquoi la saison des guêpes et frelons se déroule-t-elle en plusieurs phases ?

Le volume des demandes dépend autant du développement des colonies que des conditions météorologiques et de la fréquentation des espaces extérieurs. Trois phases principales structurent ainsi la saison d’intervention. 

Avril-mai : les premiers nids déclenchent les demandes

Au printemps, les fondatrices de frelons à pattes jaunes sortent de leur repos hivernal et construisent leurs nids primaires. Souvent installés dans des lieux abrités, à faible hauteur, sur des bâtiments ou dans la végétation, ces premiers nids sont rapidement repérés.

La demande apparaît ainsi dès avril-mai, bien avant le développement maximal des colonies. Les nids sont généralement plus petits qu’en fin de saison, mais leur traitement exige toujours une identification correcte de l’espèce et une sécurisation adaptée de la zone.

Canicule : un possible creux dans les sollicitations

Pendant les épisodes de canicule, le nombre d’appels peut diminuer. Des colonies encore jeunes peuvent rencontrer des difficultés de ventilation ou compter trop peu d’ouvrières pour poursuivre normalement leur développement.

La baisse peut également être comportementale : les particuliers fréquentent moins les jardins et les terrasses, restent davantage dans des espaces climatisés et repèrent moins les déplacements d’insectes. L’activité commerciale dépend donc à la fois du développement des colonies et de la présence humaine à l’extérieur.

Fin de saison chaude : des nids plus visibles et plus complexes

Lorsque la chaleur reste élevée sans atteindre les niveaux d’une canicule, les demandes repartent. Le retour des particuliers dans les jardins, les campings et les espaces de loisirs facilite le repérage des trajectoires et des entrées de nids.

Les colonies de frelons à pattes jaunes peuvent alors occuper un nid secondaire installé en hauteur. Selon FREDON, un nid arrivé à plein développement peut dépasser 80 cm de diamètre et abriter plus de 2 000 individus. Les interventions deviennent plus longues et peuvent nécessiter des moyens d’accès spécifiques, un balisage renforcé ou plusieurs opérateurs.

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Comment préparer les équipes avant les différentes phases de la saison ?

La préparation doit être terminée avant les premières demandes printanières. Dès la fin de l’hiver, l’entreprise doit contrôler :

  • les combinaisons, les gants et les équipements de protection ;
  • les perches, les systèmes d’injection et les moyens d’accès ;
  • le matériel de balisage et de sécurisation ;
  • les stocks, les autorisations de mise sur le marché et les dates de validité ;
  • les congés, les astreintes et les éventuels besoins de renfort.

Avant le déplacement, la qualification téléphonique doit permettre d’obtenir des photographies, l’espèce présumée, la hauteur du nid, les conditions d’accès, la fréquentation de la zone et la proximité éventuelle d’un établissement sensible.

Cette préparation permet au technicien d’emporter les moyens adaptés dès la première intervention.

Destruction de nids de guêpes et frelons : quelles règles respecter ?

Les insecticides utilisés contre les guêpes et les frelons relèvent généralement du type de produits TP18. Le Certibiocide « nuisibles » couvre les produits TP14, TP18 et TP20 entrant dans le dispositif et concerne notamment les utilisateurs, les acquéreurs et les distributeurs de produits réservés à l’usage professionnel.

Chaque produit doit être utilisé conformément :

  • aux usages autorisés par son AMM ;
  • aux doses et aux méthodes prévues ;
  • aux mesures de protection indiquées ;
  • aux restrictions inscrites sur l’étiquetage.

Ce cadre législatif spécifique — plan national, plans départementaux, loi et décret — s’applique au frelon asiatique à pattes jaunes. Ce dispositif législatif spécifique concerne le frelon asiatique à pattes jaunes. Il ne s’applique pas aux guêpes communes ni au frelon européen, pour lesquels demeurent notamment applicables les règles générales relatives aux biocides, à la sécurité des opérateurs et à la protection des tiers. 

La loi du 14 mars 2025 a instauré un plan national et des plans départementaux de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes. Ces plans organisent notamment l’évaluation du danger, le signalement et la destruction des nids déclarés. Le décret du 29 décembre 2025 précise leurs modalités d’adoption. Les procédures pouvant varier selon les territoires, l’entreprise doit se rapprocher de la préfecture, de FREDON ou de la FDGDON, du GDS ou du GDSA compétent.

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Comment organiser l’activité commerciale au rythme des trois phases ?

La demande ne suit pas le même rythme pendant toute la saison. L’organisation commerciale doit donc évoluer entre le printemps, les périodes de canicule et la fin de saison chaude.

En avril-mai : traiter rapidement les demandes

La disponibilité téléphonique devient prioritaire. Les pages locales du site doivent être actualisées avant la saison et les syndics, collectivités, campings ou entreprises disposant d’espaces extérieurs peuvent être contactés en amont.

La qualification des demandes permet de réserver les créneaux courts aux petits nids accessibles et les créneaux longs aux interventions complexes.

Pendant une canicule : suivre l’activité réelle

Les effectifs ne doivent pas être renforcés sur la seule base des températures annoncées. Le suivi des appels, des devis et des taux de transformation permet d’ajuster les moyens à la demande réelle.

Un ralentissement peut être consacré à la maintenance, à la formation ou à l’actualisation des procédures, tout en conservant des disponibilités pour les urgences.

En fin de saison : anticiper des interventions plus lourdes

La reprise de l’activité peut concerner des nids plus volumineux ou difficiles d’accès. L’entreprise doit prévoir des créneaux plus longs et informer clairement les clients sur les délais et les contraintes de sécurisation.

Pour construire sa courbe saisonnière, elle peut suivre :

  • le nombre d’appels et de devis ;
  • le taux de transformation ;
  • les espèces et les types de nids ;
  • les hauteurs et les délais d’intervention ;
  • les conditions météorologiques.

Traçabilité et suivi : sécuriser l’après-intervention

Le compte rendu doit préciser l’emplacement du nid, l’espèce identifiée, la méthode employée, le produit utilisé et les précautions communiquées au client. Les photographies et le résultat de l’intervention peuvent être enregistrés dans l’outil de suivi.

La charte FREDON Hauts-de-France prévoit, pour ses signataires, l’enregistrement des nids détruits et une seconde intervention si la première n’a pas éliminé la colonie. Ces engagements ne constituent pas des obligations générales pour tous les prestataires français.

En suivant ses appels, ses interventions et les conditions météorologiques, chaque entreprise peut construire sa propre courbe saisonnière et mobiliser ses moyens au moment le plus pertinent. 

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