Habitudes des souris : mieux les comprendre pour mieux les contrôler

Les habitudes des souris expliquent pourquoi certaines infestations persistent malgré les dispositifs en place. Chez ces petits rongeurs, la façon de se déplacer, de s’alimenter et d’explorer leur environnement influence directement l’efficacité du piégeage et de l’appâtage.
Sommaire
Territoire des souris et zones de déplacement
Les souris évoluent sur un territoire restreint autour de leur nid, en particulier lorsque la nourriture est facilement accessible. Cette organisation explique pourquoi les indices d’activité sont souvent concentrés sur des zones limitées, sans que les abris soient immédiatement visibles.
Un territoire restreint autour du nid
L’analyse doit cependant être menée en 3 dimensions. Les souris exploitent aussi bien les espaces supérieurs que inférieurs d’un bâtiment, notamment les faux plafonds, gaines techniques, chemins de câble, vides sanitaires, mais également les étagères ou encore les espaces situés sous le mobilier et les équipements techniques (paillasses, armoires, appareils fixes ou lignes de production). Une inspection limitée au niveau du sol conduit fréquemment à un diagnostic incomplet.
Dans les locaux professionnels comme chez les particuliers, les espaces de stockage du matériel de nettoyage (placards d’entretien, réserves à balais) constituent fréquemment l’une des premières zones à inspecter. Ces volumes peu perturbés et riches en matériaux propices à la nidification présentent souvent des indices d’activité, notamment des fèces de souris.
Mickaël Sage, Dirigeant de Faune INNOV’ R&D et Président de SECU-RAT
La répartition des traces constitue enfin un indicateur clé. Des indices observés à différents niveaux ou dans des zones éloignées suggèrent la présence de plusieurs noyaux distincts de populations distinctes, qui doivent être pris en compte de manière coordonnée pour garantir l’efficacité du contrôle dans une approche globale.
Comment les souris se déplacent-elles à l’intérieur ?
Les souris suivent des trajets le plus souvent réguliers et sécurisés. Elles privilégient les zones sombres et protégées, en contact permanent avec des surfaces verticales, ce qui structure fortement leurs déplacements à l’intérieur des bâtiments.
Elles présentent toutefois un comportement exploratoire nettement plus marqué que celui du rat. Curieuses et opportunistes, elles peuvent s’aventurer au centre des pièces, notamment lors des phases de prospection alimentaire ou de découverte d’un nouvel environnement, un comportement que le rat adopte beaucoup plus rarement, celui-ci restant généralement en périphérie et en contact étroit avec les parois.
Mickaël Sage
Repérer les couloirs de passage pour mieux cibler les dispositifs
Les souris suivent des trajets réguliers. Souvent le long des murs, plinthes et angles. Leurs traces (sébum, salissures, empreintes) révèlent ces couloirs. Placer pièges et appâts sur ces axes augmente l’efficacité.
- Axes de circulation privilégiés
Les déplacements s’effectuent principalement le long des plinthes, dans les angles, à l’interface mur-sol, ainsi que le long des tuyaux et des câbles. Ces axes servent également de voies de circulation verticales entre les niveaux. - Indices révélateurs des passages
Les couloirs peuvent être identifiés par des traces de frottement,(dépôts de sébum, salissures et lustrage des surfaces le long des parois ou autour des orifices de passage à travers les cloisons), des empreintes visibles dans les zones poussiéreuses(farine) ainsi que des traînées fines laissées par la queue en se déplaçant. Bien que les souris puissent présenter un comportement exploratoire ponctuel, leurs déplacements s’organisent majoritairement autour de trajets routiniers et sécurisés une fois l’infestation établie.
Ces éléments permettent de reconstituer les trajets réellement utilisés, d’identifier les points d’entrée actifs et de localiser les zones de nidification ou d’alimentation associées..
- Implantation efficace des dispositifs
Les pièges et appâts doivent être positionnés directement sur ces couloirs, contre les murs et dans les angles, plutôt que dispersés au hasard. Ce positionnement ciblé augmente nettement les taux de capture, en particulier lors d’infestations installées.
Impact des changements environnementaux sur le comportement des souris
Les souris s’appuient fortement sur la mémorisation de leur environnement pour se déplacer. Toute modification de leur territoire perturbe ces repères et déclenche une phase d’exploration, qui peut être exploitée pour renforcer l’efficacité des dispositifs de lutte.
- Réaction aux changements sur le territoire
Le déplacement d’objets, de palettes, de cartons ou de rayonnages perturbe leurs repères. Cette désorganisation temporaire les oblige à réexaminer leur environnement, augmentant mécaniquement les contacts avec les dispositifs de lutte en place.
- Intérêt opérationnel de la perturbation volontaire
Introduire des changements contrôlés sur les zones infestées constitue un levier efficace pour améliorer les résultats du piégeage et de l’appâtage. Cette pratique est particulièrement pertinente lors des visites de suivi, lorsque l’activité semble stagner malgré des dispositifs correctement positionnés.
- Application en milieux professionnels
Dans les entrepôts, les sites agroalimentaires ou la restauration, une rotation régulière des stocks et un réaménagement ponctuel des zones de stockage renforcent l’efficacité des actions de lutte. La perturbation peut également passer par une modification de l’environnement olfactif (nettoyage avec un produit d’entretien inhabituel) afin de stimuler l’exploration et favoriser l’interaction avec les dispositifs Cette approche comportementale complète les mesures classiques sans ajouter de contrainte matérielle excessive.
Habitudes alimentaires des souris et implications pour l’appâtage
Les souris s’alimentent par prises répétées et fractionnées, avec de nombreux arrêts au cours de leurs déplacements nocturnes. Elles consomment peu à chaque passage, mais reviennent fréquemment sur un nombre limité de sites d’alimentation préférentiels, choisis pour leur discrétion et leur sécurité. Cette organisation explique pourquoi de grandes quantités d’appâts concentrées en un seul point donnent souvent des résultats décevants.
- Sites d’alimentation privilégiés
Les zones sombres et abritées, à proximité immédiate des couloirs de passage, concentrent l’essentiel de l’activité alimentaire. On y observe généralement une accumulation d’excréments, de restes alimentaires et une odeur marquée, indicateurs fiables pour cibler l’implantation des dispositifs. - Stratégie d’appâtage adaptée
Positionner plusieurs dispositifs d’appâtage sécurisé le long des trajets actifs est plus efficace que l’installation de points uniques volumineux. Les galeries menant aux sites d’alimentation constituent des emplacements prioritaires pour les pièges ou tout autre dispositif de capture. - Choix des appâts
Pour le piégeage, les aliments déjà consommés sur site offrent souvent de meilleurs résultats comme appâts. Adapter le support à l’environnement et aux préférences locales améliore la prise et limite les phénomènes de contournement. En cas de faible attractivité persistante ou d’échec après plusieurs jours, il convient de proposer des appâts aux caractéristiques sensiblement différentes afin de stimuler l’intérêt des rongeurs.
Traduire le comportement alimentaire en stratégie de terrain
Comprendre les habitudes des souris permet de transformer une intervention standard en stratégie de contrôle réellement efficace. Territoire restreint, déplacements structurés, réaction aux perturbations et alimentation fractionnée sont autant de leviers exploitables pour affiner le diagnostic et optimiser le positionnement des dispositifs. En intégrant ces éléments comportementaux dans les protocoles de terrain, les professionnels améliorent durablement les résultats, réduisent les échecs liés aux infestations persistantes et renforcent la cohérence globale des actions de lutte contre les souris.
Contributeur : Mickaël Sage, Dirigeant de Faune INNOV’ R&D et Président de SECU-RAT
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