Métier

Dermatite des mains liée aux gants en gestion des nuisibles

Main présentant des irritations cutanées tenant un gant nitrile retiré après une intervention professionnelle

Les gants de protection, classés comme équipements de protection individuelle (EPI), sont indispensables lors des interventions de lutte antiparasitaire. Cependant, un port systématique ou mal maîtrisé peut fragiliser la peau des techniciens en créant des conditions favorables aux dermatites professionnelles. Humidité prolongée, chaleur et contacts répétés avec des résidus de biocides altèrent la barrière cutanée et compliquent l’application rigoureuse des protocoles terrain. La gestion du port des gants devient ainsi un enjeu concret de prévention des risques et de performance opérationnelle.

Les mécanismes de la dermatite liée au port des gants EPI

En intervention, le port prolongé de gants imperméables modifie l’équilibre physiologique de la peau des mains. L’accumulation de chaleur et d’humidité crée un phénomène de macération qui altère progressivement la barrière cutanée. Cette fragilisation rend la peau plus vulnérable aux agents irritants rencontrés sur le terrain, notamment les résidus de biocides, solvants et contaminants présents sur les surfaces traitées.

À ces contraintes physiques s’ajoutent des expositions chimiques indirectes, souvent invisibles. Lors des manipulations répétées d’équipements, de stations d’appâtage ou d’objets contaminés, des transferts de substances peuvent se produire. Des pratiques inadaptées lors du retrait ou de la remise des gants favorisent alors une exposition cutanée chronique, dont les effets apparaissent de manière progressive.

Enfin, le choix du matériau des gants constitue un facteur déterminant. Certains composants, en particulier dans les gants en latex ou contenant des additifs irritants, peuvent déclencher ou aggraver des réactions cutanées. Sans une maîtrise rigoureuse de l’usage des EPI, ces mécanismes transforment une protection réglementaire en source de risque professionnel, soulignant l’importance d’une approche préventive structurée.

Irritations et micro-lésions visibles sur la paume de la main après port prolongé de gants de protection

@Irritations et micro-lésions visibles sur la paume de la main après port prolongé de gants de protection

Les erreurs de pratiques terrain qui favorisent les dermatites chez les techniciens hygiéniste

Le port des gants EPI en dehors des phases d’exposition réelle constitue l’un des écarts les plus courants en intervention. Cette pratique, souvent adoptée par automatisme, prolonge inutilement le temps de port et accentue les contraintes subies par la peau des mains.

La gestion des gants après usage est également déterminante. Remettre des gants sur des mains encore humides, réutiliser des gants jetables ou les retirer sans méthode expose la peau à des résidus présents à l’intérieur ou à la surface du gant, sans que le technicien en ait conscience.

Enfin, l’utilisation d’objets manipulés avec des gants contaminés puis repris à mains nues reste une source fréquente de transfert. Outils, lampes ou supports d’intervention peuvent devenir des relais de contamination si des règles simples ne sont pas clairement définies et appliquées.

Bonnes pratiques pour limiter le risque cutané en intervention antiparasitaire

La prévention des dermatites professionnelles liées au port des gants EPI repose sur des pratiques simples, directement applicables en intervention. Intégrées aux procédures de travail et à la politique de prévention des risques professionnels, elles permettent de concilier protection contre les biocides et préservation de la santé cutanée des techniciens.

  • Limiter le port des gants de protection aux situations d’exposition avérée
    Les gants EPI doivent être portés uniquement lors des phases impliquant un contact avec des biocides, des surfaces traitées ou des environnements à risque. Les retirer dès que la protection n’est plus nécessaire réduit la durée de port et limite les atteintes cutanées.
  • Choisir et gérer les gants EPI de manière adaptée
    Les gants de protection doivent être compatibles avec les produits utilisés et sélectionnés sans poudre afin de limiter les risques irritatifs. Les gants jetables restent à usage unique et ne doivent jamais être remis sur des mains humides. Leur retrait doit être réalisé selon une méthode maîtrisée pour éviter les contaminations indirectes.
  • Adopter une hygiène des mains compatible avec l’activité terrain
    Le lavage des mains après manipulation de biocides est indispensable, mais il doit rester raisonné pour préserver la barrière cutanée. Un séchage complet, associé à l’application régulière de crèmes réparatrices adaptées au milieu professionnel, participe à la prévention durable des dermatites

La dermatite des mains liée au port des gants EPI n’est pas une fatalité en lutte antiparasitaire. Elle résulte le plus souvent de pratiques perfectibles plutôt que d’une contrainte réglementaire inévitable. En intégrant une gestion raisonnée des gants de protection, un choix adapté des EPI et des règles d’hygiène cohérentes avec le terrain, les entreprises réduisent durablement les risques cutanés. Cette approche pragmatique renforce à la fois la prévention des risques professionnels, la conformité des interventions et la performance opérationnelle des équipes.

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