Alors que les principaux acteurs du métier se réunissent à Parasitec les 29 et 30 octobre 2025 pour deux jours d’échanges, la dynamique du marché reste résolument positive. Un signal fort de l’évolution du secteur de la dératisation. État des lieux.
Sommaire
Le secteur de la dératisation : un marché en pleine expansion
Longtemps les professionnels de la Dératisation, Désinsectisation et Désinfection ont été caricaturés comme des poseurs de tapettes à souris. Les plus anciens, ceux qui ont assisté aux premières éditions de Parasitec et qui sillonnent encore les allées du salon, peuvent en témoigner. Oui, mais ça c’était avant. Aujourd’hui, le métier est en pleine mutation, porté par les enjeux de santé publique et les attentes sociétales.
Les chiffres ne mentent pas (Source : rapport de branche Prosane avec Pragma Etudes). Malgré un contexte macro-économique en demi-teinte, le marché de la 3D continue de croître. Fin 2023, le chiffre d’affaires total de la branche s’élevait à 1 020 millions d’euros HT soit une hausse de 14 % par rapport à 2020. De quoi susciter de nouvelles vocations : fin 2023, le secteur comptait 3 900 entreprises contre 3 350 en 2020.
Ces nouveaux entrants prennent souvent la forme de petites entreprises. Fin 2023, 82 % des structures employaient entre 1 et 9 salariés. Or, ces acteurs, modestes par la taille, ont des arguments à faire valoir. La preuve : si la croissance du chiffre d’affaires entre 2022 et 2023 a été positive pour toutes les entreprises, elle a été particulièrement favorable pour les entreprises de plus petite taille avec un bond de 18 % !
Santé publique : un levier de croissance pour la dératisation/désinsectisation
La bonne santé de la profession n’est pas le fruit du hasard. Il suffit d’ouvrir les pages d’un magazine généraliste ou de consulter le dernier Plan National pour la Santé et l’Environnement pour saisir combien le secteur 3D est désormais au carrefour des enjeux de santé publique. Punaises de lit, rongeurs, moustiques tigres ou frelons asiatiques…
Les infestations de nuisibles peuvent en effet avoir un impact réel et coûteux sur la santé et les écosystèmes. Les clients de la branche 3D ne s’y trompent pas : fin 2023, 60 % du CA était ainsi attribué à l’habitat collectif privé (22 %), l’industrie (22 %) et l’habitat collectif public (16 %). Sans oublier les collectivités qui représentaient 14 % du CA total.
Professionnalisation du secteur de l’hygiène publique et renforcement des exigences
Cette montée en puissance modifie en profondeur les façons de faire. Traditionnellement, le secteur 3D relevait plutôt de l’artisanat. Chacun faisait sa petite tambouille dans son coin. Les temps ont changé. La profession est de plus en plus réglementée afin de répondre aux enjeux de santé publique et aux attentes sociétales, notamment en termes de réduction des produits chimiques.
Au 31 décembre 2023, 33 % des entreprises du secteur étaient certifiées CEPA et que 26 % des entreprises non certifiées étaient en cours de certification. Pour mémoire, la certification CEPA atteste de la volonté des professionnels du secteur de protéger de manière responsable les citoyens et l’environnement dans lequel ils vivent.
Résistance aux insecticides et évolution des pratiques
La professionnalisation du secteur semble aujourd’hui indispensable pour face aux enjeux et notamment à l’augmentation de la résistance de certaines espèces aux produits. On le sait, si le même insecticide est utilisé de manière répétée pendant des années, une part croissante de la population de nuisibles mute génétiquement pour survivre et l’efficacité de la solution diminue. On peut citer les punaises de lit (Cimex lectularius) qui, à New York, ont développé une résistance marquée aux pyréthrinoïdes.
De leur côté, les moustiques comme l’Aedes aegypti et l’Aedes albopictus ont montré des niveaux élevés de résistance à la deltaméthrine dans le sud de la France. Sans oublier la blatte germanique (Blattella germanica), courante dans les milieux urbains, qui a développé une résistance aux pyréthrinoïdes et aux carbamates.
Pour répondre à ce défi, les professionnels du secteur 3D explorent d’ores et déjà des solutions alternatives qui vont au-delà des traitements chimiques traditionnels. Pêle-mêle : l’utilisation des OGM ou des bactéries symbiotiques pour réguler les populations de nuisibles, les pratiques de gestion intégrée des nuisibles avec contrôle biologique, techniques culturales, pièges et barrière physiques, ou encore l’utilisation d’insecticides alternatifs (botaniques ou IGR).
Nouvelles espèces et transition écologique : les défis à venir
Réchauffement climatique oblige, la profession se mobilise pour faire face à l’apparition de nouvelles espèces comme les moustiques tigres. Dans Viva Protect n°4, Rubén Bueno-Marí, Directeur technique de Rentokil Initial España, expliquait que « les moustiques ne créent plus une simple gêne en nous piquant, mais transmettent des maladies jusque-là inconnues sous nos latitudes. » Une situation nouvelle qui demande un contrôle intégré des populations.
Dans un autre article de Viva Protect n°4, Dominique Parriaud, Directeur des opérations chez IZIgreen, attirait l’attention sur frelons asiatiques, qu’il n’est plus rare de croiser en ville, notamment l’été quand les nids se sont développés à proximité des ruches, y compris en milieu urbain. Alors que de nombreux secteurs de l’économie font leur transition écologique, la filière 3D n’est pas en reste.
L’objectif ? Limiter les effets négatifs des substances chimiques sur la nature (pollution de l’eau, déchets chimiques, empreinte carbone) et sur l’homme tout en conservant un haut niveau d’efficacité dans la lutte contre les nuisibles. Une évolution indispensable pour répondre aux pressions sociales et réglementaires en faveur des méthodes plus « propres ». De quoi remplir l’agenda des professionnels du secteur pour les années à venir !
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3 CHIFFRES À RETENIR
- 1 020 millions d’euros HT de CA annuel pour la branche à fin 2023.
- 3 900 entreprises de 3D à fin 2023.
- 82 % des entreprises du secteur employaient entre 1 et 9 salariés à fin 2023.
Auteur : Nicolas Zeisler
Source : Extrait du magazine Viva protect n.5 – Automne 2025
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