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Solutions anti-nuisibles dite naturelles : ce que le débat cache vraiment

Produit anti nuisible naturel
@LCDD

Produit anti nuisible naturel : l’expression s’impose dans l’hygiène publique, portée par les demandes “green” et les promesses d’alternatives. Mais derrière le mot, beaucoup de confusion. Dans l’épisode 1 du podcast Le Club des Dératiseurs, Kevin Granada Rios reçoit Jeremy Soret pour remettre les termes à leur place et rappeler une idée simple : en intervention, ce n’est pas l’étiquette qui fait le travail, c’est la méthode et la maîtrise.

Un produit anti nuisible naturel est-il vraiment moins dangereux ?

La question revient sans cesse : une solution dite “naturelle” est-elle plus sûre qu’un produit perçu comme chimique ? Dans les faits, la réponse est plus complexe que le mot ne le laisse penser. Jeremy Soret insiste surtout sur une distinction que beaucoup mélangent, y compris dans le secteur du contrôle des nuisibles : « La notion de danger et la notion de risque, c’est deux choses différentes. »

Le danger peut exister. Le risque, lui, dépend des conditions d’usage, de la maîtrise et du respect des règles d’application. Autrement dit, la sécurité ne repose pas sur une étiquette, mais sur la compétence de celui qui intervient.

Parler de produit anti nuisible naturel comme s’il garantissait automatiquement moins de risque peut donc fausser le débat. Ce qui compte, ce n’est pas seulement l’origine affichée d’une substance, mais la façon dont elle est utilisée sur le terrain.

Quelle différence entre naturel, alternatif et biocide ?

Dans la gestion des nuisibles, “naturel”, “alternatif” et “green” sont souvent utilisés à tort comme des synonymes. Jeremy Soret le rappelle : « les mots ont leur importance ».

Biocide : pourquoi le mot “naturel” crée de la confusion

Quand un produit est classé biocide, l’étiquette “naturel” peut devenir trompeuse. Jeremy le formule sans détour : « En biocide, le naturel n’existe pas.  À partir du moment où tu es classifié biocide, tu n’es pas naturel, tu es d’origine naturelle. ».

Et surtout, l’origine ne change pas la catégorie réglementaire : « Un TP-18, qu’il soit d’origine chimique, d’origine de synthèse ou d’origine naturelle, ça reste un TP-18. ». Autrement dit, changer l’origine d’une molécule ne signifie pas sortir du cadre biocide.

“Alternatif” : changer de solution, pas forcément de logique

Le mot “alternatif” entretient la même ambiguïté. Dans le sens strict, Jeremy résume : « Je prends une solution, j’en apporte une autre. ». Mais une alternative ne signifie pas forcément un changement radical de méthode. Il donne un exemple concret :

« J’arrête d’utiliser de la cyperméthrine, j’utilise du pyrèthre. C’est une alternative, mais en attendant, t’es quand même dans un TP18. » Enfin, quand le client demande du “green”, il précise : « Le green, c’est pas forcément de l’alternatif. ». Le rôle du professionnel est donc de traduire correctement l’attente : moins toxique, non toxique, ou approche mécanique selon le contexte.

Pourquoi les clients demandent-ils de plus en plus du “green” ?

Cette demande “green” ne dit pas toujours la même chose. Pour certains clients, c’est une attente d’image. Pour d’autres, une inquiétude liée à l’exposition. Pour d’autres encore, une recherche de solutions perçues comme plus acceptables. Mais Jeremy Soret alerte sur la façon dont le débat est souvent formulé : « C’est des buzzwords, il y a beaucoup de greenwashing là-dedans. »

Le problème n’est pas de chercher des alternatives. Le problème, c’est l’amalgame. “Green” peut vouloir dire moins toxique, non toxique, ou une approche plus mécanique selon le contexte. À l’arrivée, le rôle du professionnel est central : traduire une demande de mots en décision technique, adaptée au site et à la situation.

Changer de molécule suffit-il à traiter différemment les nuisibles ?

Dans le débat autour des solutions dites “naturelles”, une idée revient souvent : si l’on change de substance, on change forcément d’approche. Sur le terrain, ce raccourci peut être trompeur.

Le risque est de confondre formulation et stratégie d’intervention. Or, en lutte antiparasitaire, chaque situation doit être analysée dans son contexte. Jeremy Soret le rappelle simplement : « On travaille sur du vivant. ».

Deux infestations qui se ressemblent ne se traitent pas mécaniquement de la même façon. L’observation, l’expérience et l’adaptation priment sur le simple changement d’étiquette. La vraie question n’est donc pas seulement quelle molécule utiliser, mais pourquoi et comment l’utiliser.

En lutte antiparasitaire, qu’est-ce qui fait vraiment la différence ?

Au fond, le débat sur le “naturel” ne porte pas uniquement sur l’origine d’une substance. Il interroge la responsabilité du professionnel. Jeremy Soret le formule clairement : « Un professionnel n’a pas le droit de ne pas savoir. »

Lire une étiquette, comprendre une classification, connaître les conditions d’usage, mesurer les risques : cela fait partie du métier. La différence ne se situe pas entre naturel et chimique, mais entre maîtrise et approximation.

Un produit anti nuisible naturel ne se résume pas à son origine. En lutte antiparasitaire, le débat ne se joue pas entre “naturel” et “chimique”, mais entre maîtrise et approximation. Changer les mots ne change pas la responsabilité. Ce qui compte, c’est la capacité à analyser, choisir et appliquer une méthode adaptée. Et c’est précisément là que se situe la valeur du professionnel.

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